Une désindexation partielle des retraites fait partie des pistes étudiées par le gouvernement dans sa chasse aux milliards. "Il y a un problème économique" sur le sujet, fait valoir Jean-Pierre Farandou.
( AFP / JEAN-SEBASTIEN EVRARD )
Serpent de mer du paysage politique, la question d'une desindexation des pensions de retraites fait son chemin sur le sentier sinueux du budget 2027. Interrogé sur ce sujet sensible, le ministre du Travail s'y est dit favorable à l'occasion d'un entretien à l'antenne de franceinfo vendredi 28 août.
"Il y a un problème économique, bien évidemment, parce que l'indexation à 100% sur l'inflation (des pensions de retraites), vous l'appliquez à 400 milliards, ça va vite", a souligné le ministre. "J'en appelle à la solidarité des seniors pour participer à un effort collectif pour redresser notre pays et redresser les comptes de la Sécurité sociale" , a-t-il ajouté.
Jeudi, lors d'un débat organisé dans le cadre de la Rencontre des entrepreneurs de France du Medef, Jean-Pierre Farandou avait dit penser qu'il "faut remettre en question ce principe d'une indexation systématique (des retraites) qui est très coûteuse, encore plus en phase d'inflation élevée", ajoutant que "le système" n'avait pas "les moyens de supporter cela".
La question des seuils
A l'inverse, la CGT appelle le gouvernement, dans un communiqué diffusé vendredi, à "abandonner son projet de désindexation des pensions" et le patronat à "revenir sur le gel des retraites complémentaires qu'il impose à 14 millions de retraités depuis deux ans".
L'an dernier, le gouvernement de Sébastien Lecornu avait déjà tenté de geler ces pensions afin de dégager près de 3,6 milliards d'euros, mais avait dû renoncer face à l’opposition du Parlement. La mesure pourrait faire économiser plusieurs milliards d'euros -jusqu'à 6 - selon les seuils retenus et le choix d'une sous-indexation ou d'une désindexation totale. Le seuil de 3.000 euros brut mensuels a un temps circulé, sans aucune confirmation officielle.
Le ministre a en revanche rappelé que l'indexation concernerait bien deux autres revenus en matière de minima sociaaux. "Le Premier ministre a arbitré, nous allons indexer le RSA et le minimum vieillesse, ce qu'on appelle l'Aspa", a assuré le Jean-Pierre Farandou.
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